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28 octobre 2009 3 28 /10 /octobre /2009 12:17

RED STAR - PAU FC: 1-0 (0-0)

D’après l’écrivain uruguayen Eduardo Galeano, il n’y a, si on y écoutait attentivement, rien de plus rempli qu’un stade vide, rien de plus bruyant qu’un stade dont les tribunes sont désertées. En effet, à chaque fois que je retourne à Bauer, les quelques matchs que j’ai eu le plaisir d’y voir au fil des années me reviennent en mémoire d’un seul coup, comme si c’était un endroit qui condensait l’Histoire, ou autrement dit: c’est vraiment un stade avec une âme. À l’occasion du match contre Pau et exactement 100 ans après celui contre l’équipe de Old Westminster, pas question donc de laisser passer le centenaire du stade inaperçu et un peu dans l’indifférence.

 

Une banderole est faite dans des conditions météo un peu difficiles, mais avec la répartition du travail, on y aboutît. Ce ne sera pas le slogan assez original de Karim, “Bauer: cent ans et toutes ses dents”, mais finalement “Bauer 1909/2009 - un stade unique pour un club mythique!” En meme temps à l’Olympic, la tension d’avant-match monte. L’infirmerie se vide petit à petit et avec les recrues tardives, le Red devrait être performant. Il est vrai qu’après les défaites à l’extérieur et en Coupe, il ne reste plus de temps à perdre. En face, si on ajoute les 3 points qu’ils devraient récuperer sur tapis vert, c’est bien les Palois leaders du groupe. Selon la formule de l’affiche, on s‘attend donc à un “choc” digne de l’occasion. Sont venus tous ceux qui pouvaient: Les inconditionnels, les enrhumés, d’anciens joueurs comme Reevis ou Yann Bell et une petite délégation allemande d’honneur au stade. Bauer ne cesse pas de faire recette! Et au local, l’écharpe qu’a fait le Collectif pour le centenaire  se vend comme des petits pains. À une minute du coup d’envoi, on entre donc dans la tribune plein d’espoir. Mais on n’oublie pas non plus comme le bonheur et le malheur sont proches: Les joueurs et les ramasseurs de balle entrent sur le terrain avec un T-shirt en mémoire du petit Mehdy décédé il y a quelques jours d’un cancer.

 

Le Red livre un début de match en fanfare, avec surtout un tir de Moreira qui force le gardien béarnais à sauver d’un réflexe du pied magnifique. Défensivement, on se permet quelques erreurs plutôt inhabituelles avec des mauvaises relances de Pinoteau ou de Fourneuf. Pourtant, la défense tient bien le coup après une action dangereuse: Abissonono se fait prendre par un ailler Palois dont le centre en retrait se heurte à une défense centrale bien placée. Après une vingtaine de minutes de jeu, les Palois montent en puissance, sans mettre en danger le but de Pinoteau pour autant, le bloc defensif audonien se replace bien et les quelques tirs des visiteurs sont non cadrés. En face, on n’arrive pas (encore) à trouver le chemin des filets, dans la construction de jeu, ça manque souvent d’un dernier petit rien encore, mais pourtant, on a l’impression qu’avec le trio Debray, Koudou et Durand, il y a un regime offensif bien supérieur à celui de la saison dernière. Les chants d’encouragements ne cessent pas, y compris des ramasseurs de balle derrière le but du gardien Palois – la classe!

 

Le Red Star entame la deuxième mi-temps comme la première: d’un rythme d’enfer que les visiteurs sont incapables de suivre. Sur un beau centre, la tête de Durand heurte le poteau, mais sa reprise immédiate fait mouche: 1-0. Et ça ne s’arrête pas là. Koudou, qui semble être un aventurier sur le terrain, ne s’offre pas les fruits de ses efforts. Après une superbe passe de Durand de l’extérieur du pied droit, il se retrouve seul face à face avec le gardien mais hésite au lieu de frapper. Le Red enchaîne avec d’autres occasions dont souvent un Debray inspiré à l’origine, et Durand lui seul aurait pu tuer le match peu après l’heure du jeu. La défense gère de façon plus séreine qu’avant, entre autres c’est Delaneuville qui accomplit un boulot énorme au milieu et sur le flanc gauche de Gazeau, qui fait une forte impression, rien ne passe.

Vers la fin du match, le Red Star montre des capacités de changer le rythme, enchaîner des passes jusqu’à ce que la défense adverse offre des espaces pour percuter. En plus, on possède des jokers de luxe maintenant: avec Amadou Diagouraga qui montre qu’il peut donner du punch à l’attaque, et les non-opérationnels que sont son frère Demba et Ribadeira au milieu, dont on ne tarit pas d’éloges. C’est seulement dans les dernières minutes du temps réglementaire, qu’on joue un peu trop bas, mais sans consequences heureusement. Par contre, on gère les arrêts de jeu, plus haut et il n’y a plus question du score final qui aurait bien pu être plus large. L’équipe sort sous les applaudissements et le bilan à domicile se révèle donc plutôt correct: 6 matches, dont trois gagnés et deux nuls après la défaite à l’ouverture du championnat contre Fontenay.

 

Les festivités ne s’arrêtent pas là, on finit au resto au milieu d’une autre fête d’anniversaire, avec de la musique, des feedbacks et un DJ survolté, et dans la foulée, le président du Collectif qui se met même à s’envoler dans un karaoké italien. Pour la suite du championnat on ne s’enflamme pas pour autant, surtout après les déboires de ces dernières saisons, et pourtant: ça promet. En attendant que les resultats à l’extérieur suivent. Entretemps, je me permets d’évoquer, concernant le projet d’un nouveau stade, une histoire du nommé Eduardo Galeano: “Au stade du roi Fahd en Arabie-Saoudite, il y a des loges d’honneurs faites de marbre et d’or, des tribunes pavées avec des tapis, par contre, il n’y a ni une mémoire, ni grand-chose à raconter.”


Joachim - Section "Stuttgarter Kickers" -

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Collectif des Amis du Red Star - dans CFA SAISON 2009-2010
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