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14 novembre 2011 1 14 /11 /novembre /2011 12:16

Premier match du Red Star en National pour la section allemande, qui, durant un avant-match rapide entre merguez merveilleuse et bière, est en quête de réponses qui puissent expliquer la série noire des Audoniens, on reste sur sa faim dans un premier temps… La situation de l’Étoile Rouge s’annonce presque déséspérée avant ce match à Colmar: sept défaites d’affilée avant ce match contre une équipe toujours invaincue à domicile. Cinq braves supps ont fait le voyage de St. Ouen, en plus, on recueille deux cyclotouristes venus de l’agglomération francfortoise, dont l’un raconte qu’il a déjà été voir un match à Bauer. A vrai dire, mais juste pour le Parigot, on aura donc été une petite cinquantaine. J’essaye de semer un peu d’optimisme en lâchant que je n’ai toujours pas vu le Red perdre à l’extérieur. Bon, c’est vrai que, au fil des années, je n’ai pu voir qu’une bonne demi-douzaine de matches, mais on se donne de l’espoir comme on peut. Ou, comme Clovis s’appuye sur ma remarque peu convaincante: “mouais, ça compte.”

 

Dès le début, on verra le match sous un signe…italien. Au jour de la démission de Berlusconi, un trio italien s’occupe de l’arbitrage dû à un échange franco-italien. Mais il y a surtout un air de Helenio Herrera qui règne sur la terre alsacienne. L’inventeur du catenaccio et ancien joueur du Red Star aurait été fier de la nouvelle génération: La consigne de défendre bas et détruire à tout prix est suivi à la lettre. Dès qu’ils s’en empare, les Redstarmen se contentent d’expédier le ballon le plus loin possible (et leurs meilleurs voeux avec), qu’il y ait un partenaire quelque part ou non. Des fois, il se trouve que Gagnier se retrouve pas trop éloigné de la trajectoire. En courant, il saute dans l’air pour reprendre de la tête, mais sans même regarder le ballon qui tombe au sol deux mètres dans son dos. Pas de quoi faire la pression sur la défense des locaux (plutôt des rigolades de chez nous). Après une première tentative audonienne dès la 5e minute, plus rien. Au contraire, on assistera à un match à sens unique dès le début. Les locaux dominent à tel point que l’on évoque de categoriser le match: Ça rapelle des matches de coupe ou l’équipe inférieure (d’une ou deux divisions) défend à fond – ou bien à un match de hockey sur glace ou une équipe en infériorité numérique se libère en filant le palet le plus loin possible.

 

A propos, le carton rouge sèvere pour Abadie ne change donc presque rien au déroulement de la partie. Sauf qu’on s’amuse à hurler “Ravanelli” à chaque fois que le colmarien qui a subi la faute touche le ballon. Les locaux contrôlent donc le match à outrance, mais à part une tête qui échoue sur la transversale et quelques sorties de Gorgelin, ils n’arrivent pas à mettre le but audonien en danger pour autant. A l’instar d’une charnière Abissonono-Allegro solide, on arrive à défendre le score nul jusqu’à la mi-temps. Pas mal, vu les circonstances, mais lourd concernant la façon.

 

Après la reprise, notre groupe se divise: le kop français derrière le but colmarien, celui d’outre rhin près de Gorgelin. Même scénario de match qu’avant, mais petit à petit, on sent une légère impatience s’installer chez les Colmariens qui n’arrivent toujours pas à ouvrir la marque. Par contre, Beziouen essaye un tir désespéré des 40 mètres. Une autre tentatitive du Red Star qui trouve Beziouen au second poteau mais qui ne tire pas, me fait changer de côté et rejoindre les autres derrière le but de …Sébastien Robert, gardien de Colmar. Tellement il a été au chomage qu’il prend même le temps de se retourner pour un sourire envers nous quand on lui demande de laisser passer un…

 

“Il font bien circuler le ballon” murmure-t-on à mes côtés à propos des Colmariens. C’est vrai, mais plus le temps de jeu passe, plus j’ai l’impression que cette-fois-ci c’est l’équipe en face qui pourrait jouer encore 48 heures sans marquer. Un but refusé pour faute sur Gorgelin, un dégagement sur la ligne après un corner, et une autre fois, la tribune se met à fêter un but imaginaire: le ballon, passé à côté, et ne fait trembler les filets que de l’extérieur. Petit à petit, les Redstarmen avaient gagné en confiance et en stabilité: en première mi-temps, ils se contentaient de ne pas permettre à l’adversaire de se créer d’espaces. Maintenant, ils se jètent courageusement  dans les tirs, mais surtout ils vont dans les duels et défendent plus intelligemment en essayant de ne pas lâcher le ballon tout de suite.

 

Est-ce vrai, toujours cinq minutes? Un clin d’oeil sur le tableau d’affichage révèle qu’on entre dans la 89 minute déjà. Un dernier changement, Beziouen trottine vers le banc de touche tout tranquillement, et encore on est déjà content de cette prise d’option tactique pour le simple fait de faire passer le temps. C’est le moment où on sent que c’est fini, fini pour Colmar, qu’on empochera ce point précieux, dans la douleur il est vrai (surtout pour les amateurs du beau jeu), mais ce soir et dans ces circonstances, on s’en fout royalement. Une dernière tentative en face, il y a peut-être toujours de la volonté, mais la conviction, il n’y en a plus. Et pour cause. Dégagement de la défense audonienne vers le couloir gauche, une fois de plus, et cette-fois-ci, elle trouve Touati, qui a tant attendu esseulé dans ce couloir depuis sa rentrée. Avec Doumbia à ses côtés il tente l’impensable. Si la moitié seulement de ce qu’on se raconte des capacités de ce joueur serait vrai, ce dernier aura réussi l’action de sa vie une seconde plus tard: Il répond parfaitement à cette une-deux, qui, sans éxagérer, après 92 minutes de jeu, entame quasiment la seule action constructive des Audoniens ce soir. Touati reprend le ballon pour offrir un caviar à Malfleury qui arrive au ballon devant le pauvre gardien Robert et, de sa première touche de ballon, frappe… C’est le moment où le temps s’arrête et tout un stade tombe en silence. Derrière le but, les bouches ouvertes, nous semblons pousser le ballon aux fond des filets de nos propres yeux, tant il fait des bonds en perdant de la vitesse… Une seconde plus tard, soulagement et explosion de joie. Pour completer l’image, l’arbitre prive les locaux même du coup d’envoi: c’est fini à l’instant même. À l’issu, on aura eu droit à un scénario pour le plus invraisemblable et qui nous laisse ivre de joie.

 

Plus tard, notre groupe international se retrouve dans un resto portugais espagnol autour de demis et de “sérieux”. Je n’en reviens toujours pas, mais Vince fait mine de ne pas essayer de comprendre. On pourrait bel et bien louer le coaching de Doukantie qui a quand même fait rentrer  les trois acteurs principaux de ce but de dernière seconde – et pourtant, on sentirait le décalage énorme entre les simples faits techniques et les causes de cet exploit. On pourrait aussi, et non sans raison, souligner l’abnégation et le courage des joueurs qui d’ailleurs semblaient en train de former une équipe (à confirmer!). Mais à vrai dire, c’est la débile déesse qu’est Fortune qui, en ce 12 novembre en Alsace, a accordé une valse folle aux Audoniens. Que l’on en profite: supporters, mais aussi l’équipe…

 

Joachim

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Collectif des Amis du Red Star - dans NATIONAL SAISON 2011-2012
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